LA MAISON HUART  [1964›1966]

L'ingénieur André Huart a acheté une petite parcelle de terrain sur un nouveau lotissement à l'est de Mons. Le terrain a 85 mètres de profondeur et à peine 32 mètres de largeur, il se retrécit même jusqu'à 13 mètres à l'arrière. La rue est orientée nord-sud, le terrain s'étend en longueur vers l'ouest.

Le projet est rapidement conçu, l'avant-projet date du mois d’août 1964, les dessins d'exécution de novembre 1964. La maison est terminée en 1966. Huart prend activement part à la phase de conception et de suivi du chantier, c'est lui qui rédige les rapports de chantier, que Bontridder suit en moindre mesure.

Il emploie une fois de plus deux hautes toitures anguleuses avec des pentes différentes. L'approche est entièrement frontale, les côtés en pente raide explicitement tournés vers la rue. Le système de toiture est manipulé: les faîtes ne sont pas horizontaux, parce que qu'ils ne pont pas positionnés perpendiculairement à la direction de la pente du toit. Un peu sur la droite dans la façade aveugle, un auvent saillant, appuyé sur des profils tubulaires, indique l'entrée.

Le niveau du sol du salon est abaissé de 60 cm sous la pente douce du toit. La terrasse suit cette dénivellation. La partie plus haute du jardin, devant les chambres à coucher, est bordée sur le côté méridional d'un mur de jardin crénelé. Entre les deux ailes de l'espace extérieur, en biais, se trouve un plan d’eau de 13 mètres de long.

L'aménagement fait preuve d'un grand souci du détail: le vitrail à côté de la porte d'entrée et la balustrade de l'escalier de la cave en acier inoxydable poli, le chaume japonais du séjour, le bar entre la salle à manger et le salon, le lustre en laiton, la table de verre du salon sur un support élégant en merisier. Le vitrail jaune-rouge dans la façade sud du coin salon et la fresque dans les mêmes couleurs de l'autre côté de la cheminée, tous deux dessinés par Boulmant, attirent tous les regards. Dupuis trouvait que la fresque avait l'air d'une «omelette provençale»: elle représente un grand soleil sur un champ de blé. Les Huart ont racheté quatre beaux fauteuils que Dupuis avait fait faire pour le Parador vers 1949, mais qui sont restés à l'entreprise de menuiserie Massin à Mons. Ces fauteuils confortables en merisier et acajou ressemblent fort à l'ensemble de la salle à manger du Parador. L'intérieur est recouvert d'un textile mauve contrastant, le profil en aile d’avion des pieds se répète dans le support de la table du salon. •


Crédit des photos:
1-2-3- Marie-Françoise Plissart;
5- Archives Jacques Dupuis.
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