LES CHAPELLES  [1948›1953]

Entre 1948 et 1953, Bastin et Dupuis dessinent une série de petites chapelles commémoratives. Ces édifices d'envergure plus que modeste émaillent le paysage ardennais, avec lequel ils entretiennent aujourd'hui encore une relation aussi profonde que naïve, dans le plus grand respect de la paix et du recueillement requis. Les chapelles sont bâties en matériaux locaux (moellons, ardoise, plâtre blanc ou badigeonné de blanc, bois, ...) et en béton. Les objets du culte y sont entièrement intégrés. Elles montrent avec une clarté peu commune l'évolution architecturale des concepteurs, qui va de l'assimilation intelligente à la synthèse lumineuse.

En 1948, pour commémorer les morts de la Résistance, la chapelle de Notre-Dame du Maquis a été érigée sur la route de Brûly-de-Persche.

La petite ville de Bertrix, noeud ferroviaire important entre Neufchâteau et Bouillon, a été largement épargnée pendant la guerre. Pour remercier le ciel, le chanoine Courtois, qui a manifestement craint pour sa vie, décide de faire bâtir quatre chapelles, sur les routes aux quatre points cardinaux de la petite ville: au nord, Notre-Dame de la Foi (Burhaimont), 1948; à l'ouest, Notre-Dame de la Grâce (Renaumont), 1949; au sud, Notre-Dame de la Charité (Le Culot), 1953; à l'est, Notre-Dame de l'Espérance (Saupont), 1959. Bastin a conçu la dernière chapelle en collaboration avec Guy Van Oost.

La chapelle de Renaumont affiche d'autres influences, plus méridionales et romanes. ´╗┐Située sur une terrasse à laquelle mènent quelques marches, entre un bosquet de grands arbres dans une prairie, la chapelle est un volume arrondi et peint en blanc orienté vers le soleil couchant. La forme en fer à cheval et le toit en pente douce impliquent un geste naturel d'intimité et de réceptivité. La petite chapelle-bercail donne une impression à la fois de solidité et de légèreté, de modestie et de fête. Le fer à cheval est le symbole de la commune de Bertrix.

Le motif est ici interprété avec quelques ajouts: à droite, le mur est replié pour atteindre l'équilibre dans la composition et un plus grand ancrage au sol; un tirant en béton, indépendant de la construction, est ancré dans les murs. L'ensemble est badigeonné de blanc.

Les nombreuses et fines poutres, alignées à 15 cm les unes des autres, s'inclinent suivant la pente douce du toit. Leur face inférieure est peinte en bleu clair, leurs côtés ont été laissés en bois foncé naturel et les interstices sont peints en blanc. L'emploi contrastant des couleurs a un puissant impact linéaire et l'effet de profondeur ainsi obtenu est étonnant. Le haut de l'élégante grille de barreaux noirs devant l'autel s'arrondit en arc de cercle effilé. Les deux compositions s'attirent et se repoussent dans un jeu de parallèles, de perspectives et de courbures. Au centre, devant une fenêtre circulaire, les côtés s'évasant légèrement vers le haut, se tient le volume blanc lardé de schiste gris-bleu de l'autel, sur lequel repose une sculpture en laiton, un couple d'anges aux pieds de la Vierge Marie. Dupuis a lui-même dessiné cet ensemble, que Boulmant et Busine ont réalisé à l'aide du batteur de cuivre Deladrier. La Vierge Marie est entourée d'une rayonnante auréole ovoïde. L'équilibre et la puissance médiatrice de la figure de la Sainte Vierge s'expriment ici avec une grande conviction. •





Crédit des photos:
1-2- Maurizio Cohen.
Crédit des photos:
1-2-4- Alexis, archives Jacques Dupuis;
3- Jan Thomaes.
Crédit des photos:
1-2-3-4- Alexis, archives Jacques Dupuis.
Crédit des photos:
1-2- Alexis, archives Jacques Dupuis.
NOTRE-DAME DU MAQUIS
NOTRE-DAME DE LA FOI
NOTRE-DAME DE LA GRÂCE
NOTRE-DAME DE LA CHARITÉ