LE STADE DE QUAREGNON  [1938›1952]

Grâce à l'intérêt que Victor Bourgeois lui porte, Dupuis est mis en contact avec le maire socialiste de Quaregnon qui lui confie la réalisation du stade et de la plaine de jeux de la ville. Dupuis a seulement 24 ans, presque aucune expérience, et bientôt la guerre va ravager le pays. Contraint d'interrompre le projet à cause des circonstances, il le reprendra dans l'après-guerre pour le réaliser enfin en 1952, quand sa notoriété sera désormais consolidée.

Pour son exécution, il s'associe à Maurice Lhoir et à Jean Van Laethem. Le résultat est le fruit des deux phases du projet: la tribune du stade, dessinée à la fin des années trente, se caractérise par l'utilisation de béton armé pour la structure et de briques apparentes pour le parement, et là où «le programme qui articule la volumétrie et la logique constructive sous-tend l'expression architecturale dépouillée» France Van Laethem, «L'homme habite en poète», dans M. Sabau-Dupuis et J.-J.Warzée, cat. exp. Jacques Dupuis, Centre socioculturel Maison du Cerf Blanc, Université de Mons, 1987, p. 6.

Le soubassement en pierre rappelle l'architecture monumentale des années trente et contraste avec l'aspect plastiquement élancé de la structure de la couverture. Autour de la tribune s'élèvent les bâtiments des vestiaires, la maison du gardien, le bar et les locaux de service. Leur image est liée à l'expression vive et légère du début des années cinquante, notamment à travers l'utilisation de panneaux de Glazal bleu pour les allèges des châssis, les toits fins et élancés, légèrement inclinés et en saillie, les hublots, etc.

Un détail attire l'attention parce qu'il illustre à quel point Dupuis ne se limite pas aux exigences fonctionnelles d'un bâtiment: une des entrées latérales, située sous un auvent définissant le «parvis» du stade, est mise en valeur par une ouverture dans le toit qui conduit la lumière naturelle sur une sculpture représentant un joueur de football stylisé qui frappe le ballon de la tête. Ce geste simple anime tout l'espace. Le volume de la tribune côté rue n’a pas été traité d'une manière appropriée. Il semble nier son rapport avec l'espace qui lui fait face, contrairement aux petits volumes d'accompagnement et aux auvents qui constituent un paysage vif et multicolore. •


Crédit des photos:
1-2-3-4- Archives Jacques Dupuis.