LA BIJOUTERIE DE GREEF  [1953]  MAISON CLASSÉE

Cette transformation, souvent opérée à la période néoclassique, ne touche pas à la structure de la façade ni à la répartition des embrasures, même si les meneaux et les croisées sont remplacés par des fenêtres conventionnelles à imposte. Dupuis continue dans ce sens et fait entièrement aplanir et cimenter les façades, enlevant les moulures et réduisant la corniche et les appuis de fenêtres au minimum, sans changer la répartition des embrasures. Il fait disparaître les impostes, ce qui entraîne la verticalisation des fenêtres, que soulignent les garde-corps peints en blanc qui les garnissent. La façade respire une dynamique évidente et une simplicité difficile à égaler dans le vieux Bruxelles. Cette démarche n'a pourtant pas fait école, les services responsables de la gestion du patrimoine ne désirant pas souscrire à cette tendance d'essentialisation contemporaine.

Dupuis refuse radicalement de faire partie d'une démarche intégriste. Il perçoit que cette artère vitale de la ville a explicitement adopté un caractère XIXe siècle et c'est dans cette optique qu'il agence la devanture. Comme pour le marchand de vins Blaise à Malmédy (1949), la vitrine et l'intérieur sont traités de façon bien plus sombre que la façade, ce qui s'harmonise parfaitement avec les devantures avoisinantes. L'ornementation massive a copieusement recours au cuivre et au noir. À l'intérieur, un jeu de miroirs entraîne le regard vers des profondeurs plus confidentielles de l'espace, dont la partie publique s'épanouit sous un large vide avec un grand lustre vénitien pour lien. •


Crédit des photos:
1-2- Sergysels, archives Jacques Dupuis;
3-4- Alexis, archives Jacques Dupuis.
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